Partie 1 : L’analyse de Montesquieu
1. Un argument historique
Montesquieu soutient que les peuples modernes ne sont pas naturellement
portés vers la démocratie. Il prend pour exemple l’Angleterre, qui a connu
d’importantes difficultés à limiter le pouvoir royal.
En 1649, le roi Charles Ier est décapité.
En 1688, a lieu la Glorieuse Révolution, qui marque un tournant politique.
En 1689, la Déclaration des droits impose des limites au pouvoir royal : la
monarchie devient constitutionnelle, puis parlementaire. Le roi ne peut
plus gouverner sans ses ministres.
Montesquieu constate que les Anglais ont pris de l'avance sur le reste de
l’Europe, notamment sur la France. Cependant, les peuples européens du
XVIIIe siècle ne sont pas prêts pour la démocratie, car ils n’ont pas encore
les mœurs (les habitudes de vie) compatibles avec ce régime.
2. La vertu politique
Montesquieu définit la vertu politique comme un renoncement à soi-même
au profit de l’intérêt général. Cela suppose un effort :
« Moins nous pouvons satisfaire nos passions particulières, plus nous nous
livrons au général. »
Or, ce n’est pas le cas dans les monarchies européennes.
La frugalité (modestie dans le mode de vie) est un signe d’amour pour
l’égalité.
Le commerce, au contraire, adoucit les mœurs, mais rend les individus
égoïstes et individualistes. Il empêche le développement du sentiment
d’appartenance à une communauté.
Montesquieu pense que la démocratie ne peut fonctionner que si les
citoyens se sentent membres d’un même corps collectif, orientés vers
l’intérêt général.
, La Grèce antique avait un mode de vie rude, orienté vers la guerre, qui
favorisait la vertu. En Europe, la douceur du commerce éloigne de la vertu.
3. Le régime idéal selon Montesquieu
Dans un régime républicain, la vertu est essentielle, y compris chez les
élites. Les aristocrates doivent :
Respecter les règles communes.
Dissimuler leur supériorité sociale et économique, car l’ostentation
provoque des passions dangereuses.
Selon Montesquieu, le régime le plus adapté à l’Europe moderne est la
monarchie parlementaire, qui correspond à l’esprit du commerce et à la
modération des passions.
La société est un ensemble d’individus unis par un destin commun et des
règles partagées.
À l’époque de Montesquieu, on distingue désormais l’homme (état naturel)
du citoyen (membre d’une société politique).
L’homme politique doit savoir distinguer le juste de l’injuste.
Partie 2 : L’exemple romain et la pensée d’Arendt
1. Naissance et organisation de la République romaine
Latium : région où est fondée Rome au VIIIe siècle av. J.-C. par Romulus,
qui fortifie des villages.
La République romaine met en place une structure politique originale :
Sénat : instance délibérative.
Comices : assemblées avec des fonctions spécifiques.
Magistrats : détiennent le pouvoir exécutif.
Dès 116 av. J.-C., la République commence à s'étendre. Entre 116 et 27 av.
J.-C., la lutte entre Optimates et Populares provoque une grave crise
politique et sociale (ex : rivalité entre César et Pompée).