I]La vision économique des comportements : Microéconomie et Macroéconomie
Pourquoi faire de l’économie ?
L’économie naît d’un constat simple : les ressources sont limitées, tandis que les besoins humains
sont illimités. Il s’agit donc de lutter contre la rareté. L’économie est ainsi l’étude de la manière
dont les individus et les sociétés utilisent des ressources rares pour satisfaire leurs besoins.
La rareté, c’est la tension permanente entre des ressources limitées et des besoins infinis. Pour les
économistes, tout est rare par principe, ce qui implique des contraintes (budgétaires, temporelles,
etc.). L’analyse économique s’intéresse autant à la production de richesses qu’à leur circulation
(répartition et distribution).
Les grandes questions économiques sont :
Qui produit et consomme ? (ménages, entreprises, États)
Pourquoi ? (les besoins, qui sont variables et parfois opposés)
Comment ? (quels moyens ?)
Quoi produire ? (quelles solutions sont les plus efficaces et justes ?)
Deux critères essentiels guident ces décisions :
L’efficacité : maximiser l’utilisation des ressources rares.
L’équité : répartir les richesses de manière juste.
A) L’Homo Economicus et la microéconomie
La microéconomie étudie les comportements individuels (ménages, entreprises) et leur coordination
sur les marchés. Elle repose sur l’hypothèse d’un acteur rationnel et égoïste : l’Homo Economicus,
inspiré des théories d’Adam Smith et de l’utilitarisme de Bentham.
L’individu cherche à maximiser son utilité, c’est-à-dire ses plaisirs, en minimisant ses peines
(désutilité). Il effectue constamment des arbitrages en fonction de ses préférences et contraintes
(coût d’opportunité).
Des exemples concrets illustrent cette rationalité, comme la défiscalisation des heures
supplémentaires en France au début du XXe siècle : elle a d’abord favorisé le travail, mais a ensuite
nécessité une re-régulation pour préserver l’emploi.
Mais cette vision est critiquée.
Maurice Allais met en évidence le paradoxe d’Allais : les individus préfèrent un gain certain à un
gain plus élevé mais incertain, révélant une rationalité limitée.
Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie, montre que les décisions sont souvent prises
intuitivement, puis rationnellement.
Karl Polanyi insiste sur le fait que l’économie est encastrée dans la société : les individus ne sont
pas uniquement motivés par leur intérêt personnel, mais aussi par leurs liens sociaux.
Marcel Mauss illustre cela avec l’étude du potlatch, un système d’échange basé sur le don,
montrant que les logiques sociales priment sur l’intérêt personnel.
, Ces critiques remettent en cause l’idée d’un marché naturel et universel.
B) Éclairage historique
Des formes d’organisation économique ont existé dès l’Antiquité :
Mésopotamie : les Karoums (grands centres commerciaux).
Égypte antique : économie centralisée, redistributive.
Grèce antique : premières monnaies frappées, commerce maritime.
Rome : développement des routes, circulation marchande, mais aussi redistribution via l’annone.
Au Moyen Âge, les grandes cités italiennes dominent le commerce méditerranéen. À partir du
XVIe siècle, les Grandes Découvertes lancent une mondialisation préindustrielle (commerce
triangulaire, colonisation).
Adam Smith théorise alors la "main invisible", selon laquelle la recherche de l’intérêt individuel,
via les marchés, conduit à l’intérêt général.
C) La macroéconomie et la comptabilité nationale
La macroéconomie analyse les phénomènes globaux à l’échelle d’un territoire : production,
consommation, épargne, investissement, redistribution. Elle s’appuie sur des agrégats comme le
PIB ou la FBCF.
Les acteurs économiques (A-E) sont regroupés en six secteurs :
1. Ménages
2. Sociétés non financières
3. Sociétés financières
4. Administrations publiques
5. ISBLSM (institutions sans but lucratif)
6. Reste du monde
La macroéconomie moderne apparaît dans les années 1930 avec la crise de 1929 et les travaux de
Keynes, qui recommande l’intervention de l’État pour soutenir la demande.
Le circuit économique, modélisé pour la première fois par François Quesnay, illustre les flux
entre agents : production, revenus, consommation, etc.
II] Qu’est-ce que le capitalisme ?
A) Un système économique et social
Le capitalisme, en tant que concept, n’apparaît qu’à la fin du XIXe siècle. Dans Le Capital, Karl
Marx parle de capital, mais pas encore de « capitalisme » comme système global. C’est avec la
révolution industrielle que ce terme prend tout son sens, pour désigner un mode de production
basé sur l’accumulation du capital et la séparation entre le travail (L) et le capital (K).
Il existe deux grandes approches pour analyser le capitalisme :