Dans la tradition philosophique occidentale, l'être humain est communément défini comme
un sujet possédant à la fois des devoirs et des droits. Kant lui-même, en fondant sa morale
sur l'impératif catégorique, reconnaît à chaque être raisonnable une dignité universelle qui
implique qu'il soit traité comme une fin en soi et jamais simplement comme un moyen. De là
découle l'idée que tout individu est titulaire de droits inaliénables, fondés sur sa nature
rationnelle.
À priori, selon la thèse d'Auguste Comte dans cet extrait du Catéchisme positiviste (1852), le
positivisme, en adoptant un point de vue strictement social, ne peut admettre aucune notion
de droit fondée sur l'individualité et ne reconnaît que des devoirs envers nos prédécesseurs,
nos successeurs et nos contemporains. Selon Comte, l’idée de droit n’a aucun fondement
réel dans l’expérience humaine. Il est donc impossible de rendre à autrui les services que
l’on a reçu. Des lors, la notion de droit légitime est à la fois absurde et immorale et doit être
définitivement abandonnée.
Pourtant, peut-on réellement concevoir une société et une morale qui éliminent totalement la
notion de droit ? Supprimer les droits au nom du devoir social ne revient-il pas à nier la
dignité de l'individu ? Peut-on concevoir une morale et une organisation sociale qui ne
reconnaissent que des devoirs, sans jamais admettre de droits ?
Comte ouvre son texte par une affirmation radicale: « Le positivisme n’admet jamais que des
devoirs chez tous et envers tous. » Cette formulation annonce d’emblée la thèse centrale du
texte, le droit étant totalement exclu. En adoptant une point de vue toujours social, le
positivisme devient incompatible avec le droit qui est fondé sur l’individualité et qui est donc
propre à chacun. Pour Comte, le positivisme est une philosophie qui pense l'être humain
non pas comme un individu isolé, mais comme un être fondamentalement social, inscrit
dans une communauté, une histoire, une civilisation. Or la notion de droit repose
précisément sur le principe inverse: elle suppose un sujet autonome, capable de s’imposer
des lois par lui-même et également d’en revendiquer, indépendamment des autres. C'est ce
que Comte désigne par l'expression "constamment fondée sur l'individualité". En ce sens,
droit et positivisme sont incompatibles : l'un pense à partir de l'individu, l'autre à partir du tout
social.
L’auteur étaie ensuite son argument en affirmant que « nous naissons d'obligations de toute
espèce, envers nos prédécesseurs, nos successeurs et nos contemporains. » (l4-5). Aucun
être humain n’échappe à ces obligations. Cela signifie qu’avant même d’avoir accompli le
moindre acte, nous sommes déjà redevables de tout ce que l’humanité nous a transmis: le
langage, la culture, le savoir etc. Ces obligations "ne font ensuite que se développer ou
s'accumuler" au fil du temps, sans jamais diminuer. Par la question rhétorique ligne 8,
Comte insiste sur le fait que revendiquer légitimement des droits supposerait d’avoir déjà
un sujet possédant à la fois des devoirs et des droits. Kant lui-même, en fondant sa morale
sur l'impératif catégorique, reconnaît à chaque être raisonnable une dignité universelle qui
implique qu'il soit traité comme une fin en soi et jamais simplement comme un moyen. De là
découle l'idée que tout individu est titulaire de droits inaliénables, fondés sur sa nature
rationnelle.
À priori, selon la thèse d'Auguste Comte dans cet extrait du Catéchisme positiviste (1852), le
positivisme, en adoptant un point de vue strictement social, ne peut admettre aucune notion
de droit fondée sur l'individualité et ne reconnaît que des devoirs envers nos prédécesseurs,
nos successeurs et nos contemporains. Selon Comte, l’idée de droit n’a aucun fondement
réel dans l’expérience humaine. Il est donc impossible de rendre à autrui les services que
l’on a reçu. Des lors, la notion de droit légitime est à la fois absurde et immorale et doit être
définitivement abandonnée.
Pourtant, peut-on réellement concevoir une société et une morale qui éliminent totalement la
notion de droit ? Supprimer les droits au nom du devoir social ne revient-il pas à nier la
dignité de l'individu ? Peut-on concevoir une morale et une organisation sociale qui ne
reconnaissent que des devoirs, sans jamais admettre de droits ?
Comte ouvre son texte par une affirmation radicale: « Le positivisme n’admet jamais que des
devoirs chez tous et envers tous. » Cette formulation annonce d’emblée la thèse centrale du
texte, le droit étant totalement exclu. En adoptant une point de vue toujours social, le
positivisme devient incompatible avec le droit qui est fondé sur l’individualité et qui est donc
propre à chacun. Pour Comte, le positivisme est une philosophie qui pense l'être humain
non pas comme un individu isolé, mais comme un être fondamentalement social, inscrit
dans une communauté, une histoire, une civilisation. Or la notion de droit repose
précisément sur le principe inverse: elle suppose un sujet autonome, capable de s’imposer
des lois par lui-même et également d’en revendiquer, indépendamment des autres. C'est ce
que Comte désigne par l'expression "constamment fondée sur l'individualité". En ce sens,
droit et positivisme sont incompatibles : l'un pense à partir de l'individu, l'autre à partir du tout
social.
L’auteur étaie ensuite son argument en affirmant que « nous naissons d'obligations de toute
espèce, envers nos prédécesseurs, nos successeurs et nos contemporains. » (l4-5). Aucun
être humain n’échappe à ces obligations. Cela signifie qu’avant même d’avoir accompli le
moindre acte, nous sommes déjà redevables de tout ce que l’humanité nous a transmis: le
langage, la culture, le savoir etc. Ces obligations "ne font ensuite que se développer ou
s'accumuler" au fil du temps, sans jamais diminuer. Par la question rhétorique ligne 8,
Comte insiste sur le fait que revendiquer légitimement des droits supposerait d’avoir déjà