Parcours 1 : Arthur Rimbaud
ROMAN
Introduction
Publié en 1870, Les Cahiers de Douai rassemblent les premiers poèmes d’Arthur
Rimbaud, écrits alors qu’il n’a que seize ans. Ce recueil regroupe des textes où
transparaissent à la fois l’influence du romantisme et une volonté de rupture avec
les formes poétiques traditionnelles. Entre influences classiques et audaces
novatrices, ces poèmes témoignent déjà d’un regard lucide, critique et souvent
révolté sur la société et le monde. On y retrouve des thèmes qui marqueront toute
l’œuvre de Rimbaud : l’errance, l’exaltation de la nature, la jeunesse, la fuite du réel,
mais aussi la violence du monde moderne et la dénonciation des conventions. À
travers une écriture lyrique, sensorielle, suggestive et énigmatique, le jeune poète
esquisse la figure du poète voyant, capable de révéler l’envers des apparences
Dans Roman, écrit en alexandrins et en quatre quatrains bien distincts, il raconte
avec une ironie tendre un épisode amoureux typique de l’adolescence. Sous des airs
de légèreté, ce texte fait pourtant entendre une parole poétique originale, qui
renouvelle l’inspiration lyrique.
Problématique
"Comment, construit sur cette ambivalence, ce poème mêle-t-il le
romanesque a l'humour et l'autodérision?"
I. L’insouciance adolescente (v.1 à 8)
Le poème s’ouvre sur une phrase devenue célèbre : « On n’est pas sérieux, quand
on a dix-sept ans. » Utilisée au présent de vérité générale, elle donne une portée
universelle au propos. Le pronom indéfini "on" permet de parler de tous les
adolescents tout en gardant une certaine distance. Ce vers inaugural est en réalité
ironique : derrière l’apparente banalité de l’affirmation se cache une critique
implicite des illusions de jeunesse. La suite décrit une scène en deux temps : d’un
côté, les « cafés tapageurs aux lustres éclatants » évoquent un monde bruyant,
superficiel, presque artificiel. Les adjectifs mettent en avant le clinquant et la
futilité. De l’autre, le cadre naturel des « tilleuls verts de la promenade » évoque
une ambiance bucolique, calme et propice à la rêverie. Ce contraste est souligné par
un changement de décor, presque cinématographique, qui marque une rupture
avec le monde adulte. L’atmosphère devient sensorielle : les parfums de « vigne »
et de « bière » mêlent élévation poétique et réalité populaire, dans une ambiance
douce et estivale. L’air est si agréable qu’« on ferme la paupière », image du
lâcher-prise.
→ Cette première partie installe un cadre léger et insouciant, propice aux rêveries
adolescentes. Mais déjà, l’ironie affleure, comme si Rimbaud se moquait doucement
de cette innocence.
ROMAN
Introduction
Publié en 1870, Les Cahiers de Douai rassemblent les premiers poèmes d’Arthur
Rimbaud, écrits alors qu’il n’a que seize ans. Ce recueil regroupe des textes où
transparaissent à la fois l’influence du romantisme et une volonté de rupture avec
les formes poétiques traditionnelles. Entre influences classiques et audaces
novatrices, ces poèmes témoignent déjà d’un regard lucide, critique et souvent
révolté sur la société et le monde. On y retrouve des thèmes qui marqueront toute
l’œuvre de Rimbaud : l’errance, l’exaltation de la nature, la jeunesse, la fuite du réel,
mais aussi la violence du monde moderne et la dénonciation des conventions. À
travers une écriture lyrique, sensorielle, suggestive et énigmatique, le jeune poète
esquisse la figure du poète voyant, capable de révéler l’envers des apparences
Dans Roman, écrit en alexandrins et en quatre quatrains bien distincts, il raconte
avec une ironie tendre un épisode amoureux typique de l’adolescence. Sous des airs
de légèreté, ce texte fait pourtant entendre une parole poétique originale, qui
renouvelle l’inspiration lyrique.
Problématique
"Comment, construit sur cette ambivalence, ce poème mêle-t-il le
romanesque a l'humour et l'autodérision?"
I. L’insouciance adolescente (v.1 à 8)
Le poème s’ouvre sur une phrase devenue célèbre : « On n’est pas sérieux, quand
on a dix-sept ans. » Utilisée au présent de vérité générale, elle donne une portée
universelle au propos. Le pronom indéfini "on" permet de parler de tous les
adolescents tout en gardant une certaine distance. Ce vers inaugural est en réalité
ironique : derrière l’apparente banalité de l’affirmation se cache une critique
implicite des illusions de jeunesse. La suite décrit une scène en deux temps : d’un
côté, les « cafés tapageurs aux lustres éclatants » évoquent un monde bruyant,
superficiel, presque artificiel. Les adjectifs mettent en avant le clinquant et la
futilité. De l’autre, le cadre naturel des « tilleuls verts de la promenade » évoque
une ambiance bucolique, calme et propice à la rêverie. Ce contraste est souligné par
un changement de décor, presque cinématographique, qui marque une rupture
avec le monde adulte. L’atmosphère devient sensorielle : les parfums de « vigne »
et de « bière » mêlent élévation poétique et réalité populaire, dans une ambiance
douce et estivale. L’air est si agréable qu’« on ferme la paupière », image du
lâcher-prise.
→ Cette première partie installe un cadre léger et insouciant, propice aux rêveries
adolescentes. Mais déjà, l’ironie affleure, comme si Rimbaud se moquait doucement
de cette innocence.