conception de la Nation
En 1789, la France entre dans une décennie de bouleversements qui marque une rupture avec l'Ancien Régime
et met fin à 20 siècle d’Histoire de France. A partir de 1799, Napoléon Bonaparte fonde, avec le Consulat, puis
l'Empire, un régime autoritaire qui enracine pourtant certains principes de la Révolution. Les conquêtes
militaires de la révolution et de l'empire donnent une résonance européenne à cette expérience politique.
Contexte historique :
En 1789, la France est dirigée par un monarque absolu de droit divin, sacré à Reims en continuité avec le
baptême de Clovis par l'évêque Saint Rémi. À cette époque, le pays est en proie à des crises structurelles et
conjoncturelles qui perturbent profondément la société. Il y a un rejet croissant de la société d'ordre, une
réduction du pouvoir de la noblesse, et cette dernière s'éloigne des campagnes, déstabilisant ainsi les
structures sociales de l'Ancien Régime.
Les mauvaises récoltes, combinées à la dette accrue et aux dépenses liées à la guerre d'indépendance
américaine, révèlent l'incapacité de Louis XVI à gouverner et à réformer efficacement le pays. La France
traverse une grave crise financière dans une société où l’égalité et la justice semblent inaccessibles. Ce climat
de frustration populaire est exacerbé par les idées des philosophes des Lumières, qui dénoncent
l’obscurantisme religieux et l’ignorance du peuple. Des figures comme Voltaire et Montesquieu appellent à la
séparation des pouvoirs et à une justice indépendante. Rousseau insiste sur l'importance du vivre ensemble
en tant que nation, tandis que Diderot et d'Alembert participent à l’élaboration de l’Encyclopédie, un ouvrage
visant à diffuser des idées éclairées et à promouvoir la connaissance.
Quelles mutations politiques la France connaît elle entre 1789 et 1814 ?
Quelles en sont les conséquences pour l'Europe ?
I. La rupture révolutionnaire, 1789-1792
A. La fin de l'absolutisme et de la société d'ordres
1. Les députés renversent la monarchie absolue, juin 1789
À partir du 5 mai 1789, 1139 députés des trois ordres se réunissent à Versailles en États généraux pour
résoudre la crise de la monarchie. Leur travail est cependant paralysé par les divergences politiques.
Afin de sortir de l'impasse, le 17 juin 1789, les députés du tiers état, élus de 96% de la nation, se proclament
“Assemblée nationale constituante”, détenteurs de la souveraineté nationale. Le 20 juin, réunis dans la salle
du Jeu de paume, ils prêtent serment de rédiger une Constitution. Par ces actes révolutionnaires les députés
mettent fin au pouvoir absolu du roi.
2. Le peuple renverse la société d'ordres, juillet-août 1789
À Paris, le peuple excédé par la misère suit avec passion les États généraux. Début juillet, des manœuvres de
Louis XVI contre l'Assemblée nationale provoquent l'exaspération. L'émeute éclate, une milice de citoyens
armés, la garde nationale, est organisée ; les arsenaux sont pillés et le 14 juillet la Bastille est prise.
Le retentissement de cette journée est immense : la Grande Peur symbolise les violences des paysans contre
les nobles après qu’ils se soient réfugiés dans les campagnes. Les paysans brûlent des archives et attaquent
des châteaux, marquant ainsi la fin de la société féodale et d’ordres après que les députés aient voté le 4 août